Publié le 16 septembre 2010, par Angel St Benoit
Les papiers les plus anciens la datent de 1671, ses terres faisaient partie du lot « la fabrique St Joseph, ».Appartenant à la paroisse de Vieux Habitants, et tenue par les pères jacobins sa superficie était de «10 carrés, on y trouvait une case à demeurer, 3 chevaux 3 bovins et 8 esclaves ».
En 1726 Gabriel de Clieu introduit le café en Guadeloupe (Il sera d’ailleurs gouverneur de l’île de 1737 à 1752).
En 1761, l’habitation est vendue à Mr Géorisse, et prend le nom de caféière « Joris ».
En 1781, au décès du propriétaire, la propriété passe dans les mains de Mr Huard qui la revendra au moment de la Révolution française le double de son prix d’achat à Mme Levanier. A sa mort en 1816, la maison se sera enrichie d’un grenier pour le séchage du café.
En 1842 Charles Auguste Perriollat (inventeur en 1850 de la machine à broyer le roucou) l’achète. Elle devient une roucouyère. Elle est revendue en 1888 à l’un de ses neveux, Louis Adolphe Rollin, qui relance le café mais aussi le cacao.
En 1919, François Crescent Pagesy la rachète (103 hectares à l’époque), puis en 1983 la famille Chaulet en devient propriétaire et y crée une table d’hôte.
En 1988 la Région Guadeloupe s’en porte acquéreur et lance la rénovation de cette pittoresque propriété. (l’association Verte Vallée de Vieux Habitants est depuis 1997 le gestionnaire et l’animateur du site).
On accède à la Grivelière par un chemin en pierres qui monte, au bord duquel étaient autrefois cultivées des plantes médicinales et ornementales d’où son appellation de «Morne l’Hôspital», (à l’époque, les ânes et les chevaux étaient les seuls moyens de transport). Sur le bord du chemin est accrochée l’ancienne cloche qui rythmait les moments les plus importants de la journée, puis on découvre une antique roue à aubes et des bâtiments abritant des machines à dépulper et à décortiquer le café, entrainés par seconde roue. Le dernier bâtiment possède une roue métallique réalisée par la famille Pagesy .Elle entrainait une dépulpeuse industrielle du début du siècle et la bonifierie composée de trois pilons en courbaril. Jouxtant le bâtiment, un petit oratoire dédié à la Vierge et au Christ, nous rappelle combien la foi tenait une place importante dans la vie de l’habitation où on vivait en autarcie: l’eau alimentée par un réseau hydraulique était captée en montagne en haut de la ravine Pagesy par un caniveau appelé « Mascanal », ses parties les plus anciennes sont pavées de briques rouges. Cinq regards dotés de vannes alimentaient la maison des maîtres, le lavoir ,servaient au lavage du café et du cacao, abreuvaient la porcherie, l’excédent étant rejeté dans la rivière.
Face au hangar équipé d’un four à pain, se trouve la maison des maîtres, de 22 mètres de long par 8 mètres de large. De fière allure elle possède un toit d’essentes à deux pans percé de cinq lucarnes sur chacun de ses versants. Idéalement située au point culminant d’un promontoire dominant la vallée, son architecture est à colombages, et se compose de maçonnerie de chaux et de moellons. Ses chaines d’angles, et seuils de portes, ont été taillés localement dans la roche volcanique. La façade, les cloisons et les menuiseries intérieures sont en bois.
Le rez de chaussée comporte sept pièces : le salon (on remarquera les portes à poignées de cuivre) et les fenêtres à clayettes permettant une parfaite ventilation. Suivent, deux chambres à coucher, un cabinet de toilettes , un bureau, un dépôt et un magasin.
A l’étage, un galetas occupe toute la surface de l’habitation et servait autrefois au séchage du café.
Sur la cour de 370 mètres carrés, se trouve une galerie appelée aussi « glacis ».Elle servait de lieu de séchage du café.
A sa gauche se situe le hangar à cacao, où l’on stockait et traitait le cacao.
Entre 1985 et 1987 sous le contrôle de l’architecte en chef des monuments historiques, la maison des maitres a été entièrement démontée puis reconstruite à l’identique, afin d’en examiner l’ossature.
A droite, se trouve le petit boucan : bâtiment en bois à tiroirs qui servait au séchage du café , proche des bâtiments entreposant les machines à traiter le café, puis le « potager » qui était la cuisine de la maison principale.
A gauche se trouve le grand boucan où logeaient le géreur et sa famille .
Le grand boucan possédait sa propre cuisine. Au rez de chaussée était stocké et séché le café, Il y avait une galerie à tiroirs détruite en 1985.
Derrière le grand boucan, un bassin rectangulaire en pierres servait de bain et d’abreuvoir.
Sous les contreforts de la cour, se trouvaient les cases des travailleurs.
Autrefois, la Grivelière comptait 11cases en 1893, 7 cases en 1947 et 5 en 1980. Un bassin de récupération des eaux de ruissellement subvenait aux besoins domestiques des occupants. En procédant à des fouilles on a découvert que dans le passé, une rampe d’accès, constituée d’un chemin pavé devait à l’époque rejoindre un sentier longeant la grande rivière lorsque la route départementale n’existait pas.
Pour joindre l’utile à l’agréable une table d’hôte a été crée, dans ce qui était autrefois l’ancien Grand Boucan.
La découverte de la Grivelière et tout ce qui se rapporte à l’histoire de ses nombreux occupants et à la grande aventure du café, vous plongera hors du temps pour un heureux moment dans ce passé riche d’émotions.
Sources :Gérard Richard / communication présentée au 123°Congrès National des S H S Antilles-Guyane / Région Guadeloupe/Association Verte Vallée.
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