Publié le 16 juillet 2010, par Mahé Mas
La part de la climatisation dans nos logements n’a cessé d’augmenter. Elle aurait quintuplé depuis les années 90, au point que la « clim » représentait en 2006 (derniers chiffres ADEME Guadeloupe), 23% des consommations du secteur résidentiel, à part égale avec l’eau chaude sanitaire. Le demande croissante de confort, l’évolution vers un habitat de plus en plus fermé, enfin l’augmentation du pouvoir d’achat au regard d’une offre de climatiseurs à bas prix en sont les causes. La clientèle est également séduite par un design plus soigné et des performances accrues (mode silence, détecteur de présence, filtration d’air, autonettoyant,..).
Sans vouloir sacrifier son confort thermique au profit de l’environnement, mieux vaut se tourner vers les dernières technologies de climatisation. Premier effort de la part des fabricants : les fluides réfrigérants. Grâce à la prise de conscience de l’effet néfaste de la libération des réfrigérants dans l’atmosphère, les CFC ou Chlorofluorocarbures, ont depuis été interdits.
A l’heure actuelle, les réfrigérants utilisés sont moins agressifs et possèdent un bon niveau de performance. L’utilisation de gaz naturel présente un nouveau progrès pour l’environnement. Grâce aux dernières réglementations, les fluides qui circulent à l’intérieur des unités n’ont aucun impact sur la couche d’ozone , et tous les avantages que procure la climatisation sont d’autant plus appréciables.
Autre amélioration, les climatiseurs sont fabriqués à partir de matériaux plus conducteurs et plus légers. Les nouveaux systèmes
Inverter et l’amélioration constante des COP (Coefficient de performance) conduisent à réduirent la consommation électrique pour une performance énergétique équivalente. Ces procédés offrent des économies d’énergie de l’ordre de 30% comparés aux appareils de classe A. Les modèles Splits classiques par exemple fonctionnent selon le principe du
« tout ou rien ». Ils tournent à plein régime pour obtenir la température choisie et s’arrêtent quand le thermostat indique qu’elle est atteinte. Tant que la clim est en service, elle alterne ainsi des cycles de marche-arrêt qui génèrent sensation d’inconfort, surconsommation d’électricité et usure prématurée du compresseur. Avec la technologie Inverter, d’origine japonaise, le compresseur est à vitesse variable : il compense automatiquement les variations de température et régule en conséquence son allure. La température sélectionnée étant atteinte plus rapidement, la dépense énergétique est mieux maîtrisée et le confort total.
Solution alternative à la climatisation classique et de surcroît plus écologique, la climatisation par évaporation de l’eau. Dans ce cas, pas de compresseur, pas de gaz réfrigérant, pas d’appauvrissement de l’air et une consommation électrique très faible. Ces « rafraîchisseurs » ou « bioclimatiseurs » fonctionnent sur la base de micro-gouttelettes : équipés de filtres maintenus humides grâce à un système de distribution d'eau breveté, le ventilateur centrifuge aspire l'air extérieur et le fait passer à travers les filtres entraînant ainsi l'évaporation de l'eau et le refroidissement de l'air. L'effet recherché est de faire un courant d'air humide dans la maison. Au contact de la peau, l'échange thermique se produit et vous avez l'impression d'avoir moins chaud.
Parmi les technologies déjà connues, il en est une qui résonne comme une aberration dans le monde de la climatisation, c’est l’énergie solaire ! Or, produire du froid avec l'énergie solaire qui réchauffe la Terre, c’est possible. Cantonnée pour l’heure aux bâtiments industriels ou administratifs, cette technologie d'avenir pourrait remplacer avantageusement les systèmes de climatisation traditionnels. La climatisation solaire, comment ça marche ? L’énergie délivrée par le système solaire est utilisée par des machines de production de froid. L’installation repose sur un mix énergie solaire/énergie conventionnelle ; la contribution solaire pouvant aller de quelques % à 100%. Lorsque l’installation fonctionne uniquement grâce à la ressource solaire, le système ne permet alors d’obtenir qu’une diminution de la température de l’air du local de quelques degrés par rapport à l’air extérieures : on parle alors de rafraîchissement. A l’inverse, une installation associant système solaire et d’appoint permet de maintenir une ambiance thermique et hygrométrique constante dans les locaux, quelles que soient les conditions extérieurs : on parle alors de climatisation.
Il existe plusieurs méthodes : association de capteurs solaires thermiques avec une machine de froid, couplage de capteurs solaires thermiques à un système de conditionnement d’air par rafraîchissement évaporatif, couplage de panneaux photovoltaïques et machine de froid à compression, enfin conversion d’énergie solaire thermique en énergie mécanique couplée avec une machine de froid à compression. Les deux premières méthodes sont le cœur de cible des travaux menés par l’AIE (Agence Internationale de l’Energie).En France, on recense aujourd’hui un peu plus d’une dizaine d’installations. La DIREN de Guadeloupe à Basse-Terre par exemple en est équipée. Sur 1000 m², 570 m² sont rafraîchis par le système solaire, soit environ 36 bureaux.
Les systèmes de rafraîchissement solaires ont l’avantage de supprimer la plupart des nuisances d’une climatisation classique : la consommation d’électricité peut être jusqu’à 20 fois inférieure à celle d’un système classique à compression, les fluides frigorigènes employés sont inoffensifs puisqu’il s’agit d’eau et de solutions salines et la nuisance sonore du compresseur est supprimée. De plus, l'absence de compresseur mécanique évite les vibrations d'où le fait que ces machines demandent un entretien limité et présentent une grande longévité.
Il existe un gros potentiel de développement, essentiellement dans le secteur tertiaire
(hôpitaux, bureaux, maisons de retraite,…). Cependant, les techniques de froid solaire sont encore au stade de la démonstration du fait de la complexité de la mise en œuvre, essentiellement au niveau de l'optimisation des composants et du système global, notamment en ce qui concerne la régulation.
De plus, les technologies existantes ne sont pas encore compétitives du point de vue économique comparées aux systèmes classiques utilisant l’électricité. Ceci est lié à la fois au coût d’investissement élevé du système solaire et des machines frigorifiques et au faible coût de l’électricité pour les systèmes classiques. Selon Daniel Mugnier du bureau d’étude Tecsol, ses installations sont encore 3 à 5 fois plus chères que les installations traditionnelles mais les prix devraient baisser assez rapidement d’ici 3 à 5 ans.
Des aspects réglementaires freinent également le développement à grande échelle de la climatisation solaire. Du fait d’un faible coefficient de performance (COP), ces machines rejettent beaucoup de chaleur. Il est possible de stocker cette chaleur sous forme géothermique mais le coût élevé des forages pousse à opter plutôt pour des tours « aéroréfrigérantes ». Or la réglementation contraignante liée au risque de légionellose complique la situation. Aujourd’hui, cette technologie n’est pas suffisamment « mûre » pour permettre une diffusion large sur le marché de l’habitat résidentiel.
Pour finir, retenons que quelque soit le type de climatiseur choisi (mobile, monobloc ou Split), pour qu’une climatisation soit la plus efficace possible, il faut veiller à ce que la maison soit bien isolée, que son usage doit être pondéré et la température de la pièce comprise entre 22 et 25°, enfin que son entretien soit régulier.
Un incroyable duplex niché à l’intérieur d’une cheminée d’usine sucrière en pierre volcaniques accrochée au mont Nevis avec vue sur Montserrat.
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