Publié le 12 juillet 2010, par Angel st Benoit
Un système de pédiluve en roche dans lequel passait l’eau, permettait aux bêtes de se désaltérer, mais aussi de laver les roues des charrettes afin de ne pas salir la canne à l’endroit où elle serait déposée.
L’usine fonctionnait grâce à un générateur à bois, la canne à sucre dont on utilisait la bagasse servait à l’alimenter. La vie à l’usine commençait de bonne heure, car dès 4 heures du matin, il fallait allumer le générateur. Les tournées sur la propriété se faisaient à cheval.
Très tôt, le jeune Léopold se passionna pour la terre et l’élevage : jardin tropical complètement bio (déjà en avance sur la tendance actuelle). A 10 ans, il possédait aussi 100 cabris, puis par la suite il s’intéressa à l’apiculture et à la protection des tourterelles à l’état naturel. En 1959, il reprend la gestion des Ets Bellevue-Reimonenq.
En Avril 1960 il épouse Mademoiselle Christiane Beauvarlet. En 1969, la distillerie est détruite à la suite d’un court-circuit. Léopold Reimonenq et son épouse vont la reconstruire et la moderniser afin d’obtenir une meilleure productivité.
En 1979 et 1980 les ravages des cyclones Davis et Frédéric à 11 mois d’intervalle ne vont pas permettre de récolter la canne.
En 1985 son rhum blanc agricole obtient au salon de l’agriculture une médaille d’or.
Suivront de nombreuses récompenses : en 1986 le laurier d’or pour le rhum blanc agricole et une médaille d’or à Madrid, en 1987 médaille d’or à Bruxelles, ainsi qu’au salon de l’agriculture en 1988, en 1996, 1998, 2001, 2002, médailles d’argent en 2009 et 2010. En 1993 médaille de bronze du rhum vieux. Prix d’excellence en 2005 pour 5 années consécutives de récompense !
En 1989, le Musée du Rhum est construit, avec les ouvriers de la société. L’agencement et la décoration ont été effectués en famille avec l’aide de son épouse et de leurs enfants. Lors du passage du cyclone Hugo, la toiture du Musée explose, la fin de la construction ne sera effective qu’en mars 1990, date de l’ouverture du Musée du Rhum, dans lequel sont exposés
Tout ce qui concerne la fabrication du rhum à travers ses multiples étapes y est expliqué grâce à une vidéo tournée à la distillerie. On découvre l’atelier du tonnelier recomposé, ainsi que la sucrote (où se faisait le sucre au XVIIe siècle), les moulins à bêtes, à vent, à vapeur. De nombreux objets nous plongent avec nostalgie dans la vie d’autrefois; on admire l’alambic « zombi » en cuivre qui servait à la fabrique de l’alcool de contrebande ainsi que des outils d’époque, de nombreux documents et gravures exposés au Musée, qui nous transportent au travers du temps.
Le propriétaire a rassemblé au cours de nombreux voyages, une originale collection de machettes issues des 5 continents, exposées pour notre plus grande curiosité !
A l’étage une très belle collection réalisée durant plus de 20 ans par un cousin entomologiste Monsieur Chalumeau(qui est aussi écrivain), est composée de 180 boîtes vitrées qui nous invitent à découvrir des insectes et des papillons parmi les plus beaux et les plus étonnants, (dont l’un des plus grands coléoptères du monde) : le dynaste Hercule qui est — rappelons-le — une espèce protégée; ainsi qu’une passionnante exposition d’une quarantaine de modèles réduits des plus grands voiliers, qui nous fait voyager au travers des siècles. La culture et la tradition Guadeloupéenne, étroitement liées à l’histoire du Rhum sont mises en valeur au Musée du Rhum, par la présentation dans une vitrine des métiers d’autrefois. Y figurent la marchande de sorbets, la repasseuse, l’atelier du forgeron… un ensemble de graines d’arbres locaux nous enseigne leur usage en artisanat.
A la fin de la visite, on peut goûter (avec modération bien entendu) aux savoureux breuvages tels les divers punchs, rhums vieux et blancs qui sont mis à la disposition des visiteurs.
Pour se replonger dans le patrimoine Guadeloupéen, une visite au Musée du Rhum est un véritable enchantement et une leçon d’histoire incontournable par sa grande diversité et sa richesse.
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