Rénover son habitat

Rénover son habitat

Publié le 4 mars 2009, par Eric Gruska

Les travaux de rénovation ou de transformation d’une habitation constituent bons nombres d’avan­tages aptes à faciliter le quotidien de ses occupants, qu’ils soient pro­priétaires ou locataires. Ils s'imposent souvent d’eux-mêmes, lorsque les matériaux et les équi­pements anciens ne satisfont plus à leur fonction. Ces lignes sont destinées à vous éviter toutes déconvenues dans votre quête vers toujours plus de confort.

« Pour un homme, bâtir sa maison, c’est naître une deuxième fois » dit l’écrivain Roch Carrier. De là à penser que « de la rénover c’est avoir plusieurs vies », il n’y a qu’un pas... En préambule, signalons qu’en matière de rénovation et surtout de transformation d’une habitation, selon l'importance des travaux, une autorisation administrative peut être requise : soit un permis de construire, si ceux-ci dépassent les 20 m2 de Surface Hors Œuvre Brute, dans le cadre d’une extension par exemple ; soit une déclaration de travaux pour une transformation inférieure à 20 m2 de S.H.O.B.

 

 

Prêts, aides et subventions

Vous pouvez bénéficier de certains prêts avantageux, notamment le prêt d'épargne logement si vous avez ouvert un plan ou un compte épargne du même nom. Certaines collectivités territoriales (région, département, communes) accordent des aides selon des conditions définies localement. Pour en savoir plus, 2 sites internet www.anil.org et www.conseil-général.com  donnent accès à une kyrielle de conseils, d’outils de calcul, et autres forums, à même de vous éclairer sur le sujet et en fonction de votre domiciliation. L'Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat (ANAH) accorde une subvention, sous certaines conditions notamment liées à l'âge et au niveau de confort du logement, si : vous êtes propriétaire et que vous louez votre logement ; vous êtes propriétaire occupant et que vous disposez de ressources limitées. Les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien réalisés dans un logement achevé depuis plus de deux ans (résidence principale ou secondaire) par un locataire, un propriétaire occupant ou bailleur, ou un occupant à titre gratuit, profitent également de la TVA à taux réduit (5,50 %) jusqu’au 31 décembre 2010.

 

Si vous êtes propriétaire occupant ou locataire, vous pouvez sous certaines conditions et dans la limite d'un plafond, profiter dans votre résidence principale, d'un crédit d'impôt au titre de certaines dépenses : d'équipements en faveur du développement durable et les économies d'énergie ; d'équipe­ments en faveur de l'aide aux personnes (installations conçues pour une personne âgée ou handicapée) ; travaux prescrits par un plan de prévention des risques technologiques. Et puisqu’un sou est un sou, nous ne saurions que trop vous conseiller de prendre contact avec ces divers organismes avant de commencer vos travaux de rénovations.

Par ailleurs, des prêts plus classiques peuvent être assurés auprès de l’établissement bancaire de votre choix. 

 

 

Améliorer son installation électrique

L'électricité, présente partout à l’intérieur comme à l'extérieur de votre habitation, est soumise à des normes de sécurité strictes qu'il faut connaître et respecter. Avant toute reconsidération d’une installation, il s’agit  d’évaluer le nombre et l’emplacement des appareils électriques dans la maison afin de dresser un plan cohérent avec vos besoins. Ce bilan permet de chiffrer la quantité de matériel utile et définir ainsi le coût d’une telle opération. Ainsi, chaque pièce, étage, couloirs et escaliers doit être passé au crible (emplacements, nombre de prises et interrupteurs, longueur du câblage). 

Sachez qu’on ne plaisante pas avec la sécurité électrique ! Les défaillances d’une installation peuvent engendrer de graves accidents. Pour se prémunir de tout contact direct avec des éléments sous tension, tout en empêchant que l'installation soit soumise à des courts-circuits ou à des surintensités, certains fondamentaux sont indispensables : 

le disjoncteur (le plus souvent installé par EDF dans votre logement), des prises de terre (3 fils), une protection différentielle générale (500 mA) contre les courts-circuits, un tableau de répartition contre les surintensités et l’absence de contact direct avec des éléments sous tension (fils dénudés, etc.) Les risques spécifiques liés à la présence d'eau dans les salles de bains doivent faire l'objet d'attentions particulières. Notamment par une liaison équipotentielle (masse) qui doit relier tous les éléments conducteurs entre eux ainsi qu'à la prise de terre ; mais aussi en respectant certaines distances et volumes de sécurités avec les douches, baignoires et lavabos. 

Coté outillage, même pour de simples aménagements, veillez à utiliser des tournevis isolants et un voltmètre pour tester l'intensité du courant. De nombreux guides pratiques accessibles au plus grand nombre sont également disponibles. Et si les dernières innovations techniques présentes sur le marché du bricolage facilitent l'emploi et l'assemblage de ces produits, gardez à l’esprit que « qualité et soin » sont les deux piliers d’une réalisation dans le respect de la norme NF C 15-100 en vigueur depuis 2003, indispensable à l’obtention du certificat de conformité d’EDF. Derrière ce jargon, se profile un confort à peine imaginable, surtout si vous faites appel à la domotique. Une technologie destinée à faciliter le quotidien grâce à une pléthore de gadgets : variateur pour une intensité lumineuse ciblée, inter­rupteurs auto­matiques à détection de présence infrarouge ou lumineux facile­ment repérables, lampes de secours qui s’allument pour signaler une éventuelle panne de courant, télécommandes infrarouge et radio, commandes vocale ou à écran tactile… Tout se commande au doigt et presque à l’œil !  La gestion de l’installation devient intelligente et modulable. Associée à un ensemble de motorisations et d’automatismes pour les volets roulants, portails et portes de garages, le contrôle des lumières ou  la régulation de la climatisation, votre habitation devient un véritable cocon.

 

 

Faire des travaux de plomberie

Rafraîchir une salle de bain, une cuisine ou créer une buanderie, voilà  autant de projets où une certaine maîtrise de la plomberie est élémentaire. Comme l'électricité, elle est soumise à des normes de sécurité rigoureuses qu'il convient d’observer. La discipline exige patience, méthode et attention. Une fois définie la place des éléments d'eau (douche, baignoire, lavabo, bidet, lave-linge et vaisselle, etc.), le plan apparaît une fois de plus essentiel. La majoration du  métrage des tuyaux est la règle, mieux vaut donc prévoir large. 

Coté outils la caisse de base est assez onéreuse (chalumeau, coupe-tubes, pinces, scie à métaux, clés) et la liste du matériel des plus exhaustive (manchons, tés, papier de verre, raccords, tuyaux de toutes tailles, colle, fil de soudure, pâte décapante, etc.) Attention, ces équipements sont à choisir avec soin en fonction de leur qualité et de  leur solidité. Sur le terrain, l'alimentation en eau d’une installation sanitaire est le plus souvent assurée par les professionnels avec des tubes en cuivre. Les bricoleurs avisés préféreront les matériaux de synthèse. En dehors de leurs caractéristiques et diamètres propres, tous ont une utilisation définie au niveau des canalisations d'alimen­tation et d'évacuation.

Le polyéthylène (noir) se prête aux arrivées d'eau froide allant du compteur au robinet d'arrêt situé à l'entrée de l’habitation. Le polyéthylène basse densité dit « bande bleue » est utilisé entre le compteur et l'installation, ou encore pour l'arrosage enfoui dans le jardin. Pour les eaux corrosives, les Poly butylène (PB), Polypropylène (PP) et Polyéthylène Réticulé (PER) sont recommandés. L’emploi de celui-ci se révèle particulièrement adapté pour une installation sanitaire directement noyé dans une chape. 

Le PVC-C convient aux circuits d'alimentation en eau chaude sous pression jusqu’à 6 bars et eau froide (20 bars maxi.) Une option à privilégier lors d’une réfection totale du fait de son insensibilité au tartre.

Le PVC gris est plus généralement employé pour l'évacuation des eaux usées. Il existe également des canalisations d'alimentation flexibles constituées d'un tube en caoutchouc protégé par une tresse métallique en acier inoxydable et serti sur un raccord mécanique (mâles, femelles, bicônes, et.) assurant la liaison entre des tubes. Ces raccords rapides sont aussi faciles d’utilisation qu’efficaces puisqu’ils résistent à une pression maximale de 10 bars. 

En pratique, il est fortement recommandé de s’exercer au préalable aux collages et soudures avec des bouts de tuyau et de contrôler la solidité et l’étanchéité des essais. 

Pour vous épauler dans la tache, des guides pratiques ne manquent pas quels que soient le niveau et le type de travaux à effectuer ; les professionnels non plus !

 

 

Remise en état de votre couverture :

Avant de décider d’une réfection totale ou partielle d’une toiture, il appartient de vérifier la disponibilité des matériaux. Si l’opération consiste à ne remplacer que  certaines tôles, tuiles ou essentes fatiguées, pour conserver l’harmonie générale, il suffit de prendre la teinte exacte ou la plus proche de la patine de la couverture et de se mettre au travail. Dans le cas d’une réfection complète, il est judicieux de s’assurer que la totalité de la structure est à même de recevoir et supporter les nouveaux éléments. A ce stade, il est même possible de changer la matière, la couleur ou la forme de la toiture, et de modifier radicalement l’allure de l’habitation. Attention, ce type d’opération est soumis à l'obtention d'une autorisation délivrée en mairie. 

En ce qui concerne la charpente, elle a pour fonction de soutenir la couverture tout en lui donnant cette forme qui va permettre l’écoulement de l’eau. Elle doit donc être solide et pouvoir résister aux aléas extérieurs comme le vent et la pluie, qu’ils soient récurrents ou extrêmes comme souvent sous nos latitudes.  Celle-ci détermine également l’ossature des combles, autorisant ou non, leur aménagement. Tel un château de carte, chaque pièce tient son rôle au sein d’un ensemble. Toute modification doit donc être calculée en fonction des répercutions qu’elle peut avoir sur toute la structure.

On distingue deux types de charpente : traditionnelle ou à fermette. Cette dernière, de fabrication plus industrielle profite de l’essor du « préfabriqué » et est capable de supporter 150 kg par m², soit la couverture et un plafond en plaques de plâtre. Bon marché, solide et durable dans le temps, elle n’a qu’un inconvénient : les combles sont inutilisables. Seule une adaptation de la structure par une entreprise spécialisée peut solutionner en parti ce problème. 

Le choix du bois répond à différentes contraintes. Des bois tendres, au chêne résistant, voire au bois rouge, chaque essence présente des qualités mises en valeur par le type de charpente à laquelle elle s'adapte. Il doit cependant répondre à certaines règles très strictes. Notamment quant au respect de la normalisation NF en 4 catégories en fonction du degré d’humidité et de l'usage du bois. Même pré requis au sujet de la protection contre les insectes et champignons. 

Dans une zone infestée par les termites, un arrêté municipal et préfectoral rend obligatoire le traitement préventif de toutes les pièces de votre nouvelle charpente. Votre artisan doit alors être en mesure de vous fournir une attestation de traitement.

 

 

Coup de jeune sur vos sols

Rafraîchir un parquet, donner une nouvelle jeunesse à un carrelage ? Aujourd’hui, cela est possible et représente un bon moyen de métamorphoser son intérieur à moindre frais. Après des années de disette, le parquet fait son come-back grâce à la technique de la pose flottante. Facile à installer, l’arrivée sur le marché d’essences comme le Teck et l’Ipé, le rend également facile à vivre. Le choix est des plus vaste quant à la largeur des lames, la teinte et l’aspect des bois (vernis, patinés, cérusé, satiné, huilé, vieillis…). Autre tendance qui s’impose grâce au stratifié : un jeu sur les matières, qui permet depuis peu d’installer un parquet «façon» carrelage. D’une manière générale, lors de la pose, il est conseillé d’installer une sous-couche pour plus de confort acoustique. Si  vous préférez l’ancien, il est désormais possible de relooker un vieux parquet. Après un bon lessivage (ou décapage selon l’état), une fois le bois sec, les pins s’accommoderont très bien des couleurs chatoyantes des peintures spéciales sols (Renaulac, Aquaréthane, etc). Pour des bois plus tanin tel le chêne, il est possible de donner un aspect délavé en appliquant au balai brosse un mélange d’eau oxygénée et d’ammoniaque. Par la suite, le parquet pourra être blanchi à l’aide d’une huile blanche. A l’opposé, un parquet peut être noirci - façon Wengé - en le saturant avec du brou de noix appliqué au pinceau, puis en le protégeant par un vernis incolore mat. Enfin, on peut également le céruser après l’avoir brossé énergiquement avec une brosse métallique afin de creuser la fibre, pour mettre les veines en valeur. Dépoussiéré au chiffon, il reste à appliquer la pâte à céruser en la laissant sécher pendant une heure. Plus tard, après avoir retiré l’excédent, on stabilise la teinte avec un fondur. La finition s’opère, au choix, avec un vernis ou une cire. Du coté des carrelages, le grès cérame a indiscu­tablement le vent en poupe. Pour plusieurs raisons : sa capacité à imiter les autres matériaux (pierre, béton ciré, parquet) ; sa variété de dimensions ; son entretient facile ; sa grande robustesse ; son adaptation à tous les supports aplanis. Comme pour le parquet, le carrelage peut également subir un sérieux lifting grâce aux peintures adaptées pour les sols.

Plus onéreux, le béton ciré présente le plus d’inconvénients. Il se patine plus vite, se décolore avec les UV, subit les affres du temps et le travail mécanique spécifiques à nos sols. Pour conserver et entretenir sa beauté, l’eau savonneuse une fois par semaine et l’application d’une cire adéquate 3 fois par an sont obligatoires, à moins d’opter pour un vernis polyuréthane. En cas de tache, il est possible de poncer le sol et d’y apposer une cire polymérisée. Tout en sachant qu’il ne retrouvera jamais un aspect identique. 

Même chose avec les fissures, mieux vaut donc accepter définitivement que le vieillissement fait partie du charme premier de ce matériau. Pour ceux que les gros travaux n’inspirent guère, les revêtements souples habillent parfaitement les sols de nos maisons. Pratiques, économiques et surtout très faciles à installer, les dalles en PVC, linoléum, moquettes et autre jonc de mer, connaissent un retour en grâce mérité. Devenus agréables à l’œil et au toucher, leur rôle d’isolant phonique est un plus au quotidien qui s’ajoute à leur facilité d’entretien. 

 

 

La Peinture : pour tout ­­et partout dans la maison !

De nos jours, tout se peint... ou presque : mur, sol, mais aussi équipement (pvc), ameublement (bois plaqués, formica…), électroménager (méta), faïences, émail, fonte (baignoire), parpaing brut, etc. Du choix de la texture, de la couleur, de l’effet, à son l’application, la peinture ouvre un champ d’application sans pareil pour révolutionner son intérieur.

 

 

Heureusement, techniques et préparation du chantier répondent toujours aux mêmes exigences. D’abord savoir protéger le lieu en question afin d’éviter les dommages matériels ou corporels, en essayant de travailler dans un espace le plus vide possible (meubles, tableaux, tringles, poignées de portes, caches prises et interrupteurs) sans oublier de couvrir le sol, d’une bâche de protection. L’équipement du peintre est également primordial : tenue confortable, casquette, masque, gants latex et lunettes de protection. L’utilisation d’un matériel inadapté ou bas de gamme complique la tâche, fait perdre du temps et garantit un résultat irrégulier donc décevant.

Là aussi, les conseils des vendeurs des magasins spécialisés sont précieux pour vous orienter vers les produits adéquats. 

Par la suite, ne pas bruler les étapes, en préparant la surface à peindre. D’abord par un lessivage avec rinçage à l’eau claire. Les fissures visibles sont à reboucher soigneusement avant d’être poncées. Dans de rares cas, la pose d’une toile de verre est inévitable. Auquel cas, la première couche appliquée sur la toile devra être faite avec une peinture acrylique, pour ne pas endommager le revêtement. Sur les murs écaillés, la brosse métallique est obligatoire avant ponçage

Avant de se lancer, vérifier le choix des teintes et ambiances en disposant plusieurs échantillons peints à différents endroits de la pièce et aux différentes heures de la journée. Pour cela, utiliser les pots testeurs de 100 ml sur de petits cartons blancs. Ne jamais négliger la sous-couche ou « primaire d’accrochage » en fonction du support.

Une peinture bon marché fait l’affaire sur les murs. Une version anticorrosion est nécessaire sur le métal.

Sur les carrelages, PVC et mélaminés, les sous-couches réservées aux surfaces lisses sont préférables. Pour rappel, la peinture « à l’huile » (glycéro) particulièrement appréciée pour son tendu, sa résistance, sa durabilité et sa facilité d’entretien puisque lessivable, a vécu !

 

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