Le musée Saint-John Perse

Le musée Saint-John Perse

Publié le 30 juin 2009, par Nathan Y. Cohen

Situé au cœur de Pointe-à-Pitre, dans un beau jardin ombragé, le musée Saint-John Perse surprend tout d’abord les visiteurs par son architecture unique, avant de les faire plonger dans la vie quotidienne du XIXe siècle et de retracer celle du prix Nobel de littérature 1960, Alexis Leger, alias Saint-John Perse, né en Guadeloupe, en 1887.

Classé monument historique en 1979, le musée Saint-John Perse, l’ancienne maison Souques-Pagès où résidaient les patrons de l’usine Darboussier, est aussi intrigante que le célèbre homme de lettres qui naquit en 1887, à quelques enjambées, au 54 de la rue Achille-René Boisneuf. Vue de l’extérieur, son architecture originale, certes coloniale mais « pas de chez nous », interpelle. 

Ses colonnettes en fer forgé, ses frises en zinc, l’absence de galerie au rez-de-chaussée et son balcon métallique encerclant le premier étage apportent une touche de Louisiane au cœur de la cité pointoise. En franchissant le seuil de la bâtisse, le visiteur est instantanément transporté au XIXe siècle.

Au rez-de-chaussée, dans la salle de réception, sous de somptueux lustres anciens, au milieu de meubles en mahogany, se côtoient maîtres, mulâtresses et autres esclaves du dimanche… Ou plutôt leurs costumes, leurs coiffes et leurs bijoux qui jouaient à cette époque un rôle social important.

 

Un hommage au poète

En empruntant un escalier en bois, le visiteur accède au premier étage de cette maison de prestige qui accueille actuellement une exposition sur la rénovation de Pointe-à-Pitre. Et ce jusqu’en janvier 2010. Habituellement, cet étage est consacré à la vie quotidienne au XIXe et au début du XXe siècle. 

 

Le dernier étage est un hommage au poète. Le visiteur peut y trouver une bibliothèque dédiée à l’œuvre de Saint-John Perse, ainsi qu’une collection d’objets personnels qui s’enrichit au fil des donations, dont des feuilles manuscrites, des photographies ou encore des sculptures de l’artiste hongrois Andras Beck.

 

Un masque en bronze du visage de Saint-John Perse, réalisée par le même sculpteur à la demande de l’auteur, est exposé dans le jardin à l’ombre d’un litchi centenaire. A proximité, un mur d’enceinte entièrement repeint par le Guadeloupéen Thierry Alet, sur lequel se déchiffre le poème Exil de Saint-John Perse.

 

La petite histoire

Il était une fois, à la fin du XIXe siècle, deux maisons en kit à ossature métallique de conception Gustave Eiffel, destinées à deux jeunes filles de Louisiane. En chemin, le navire qui les transportait connu de graves avaries et accosta en Guadeloupe. L'armateur fut contraint de vendre sa cargaison aux enchères.

C'est ainsi que l'usine centrale à sucre Darboussier devint propriétaire de l'une d'elles. Un siècle plus tard, la ville de Pointe-à-Pitre s'en porta acquéreur et lors des cérémonies du centenaire de la naissance d'Alexis Léger alias Saint-John Perse, en 1987, elle inaugura le musée qui porte désormais son nom. La seconde maison, à l’architecture identique, est également visible au Moule, à Zévallos, et n’est autre que la fantasmatique Maison hantée.

 

Saint-John Perse, qui étais-tu ?

Poète et diplomate français, Saint-John Perse, de son vrai nom Alexis Leger (prononcez « Leuger »), est né en Guadeloupe, le 31 mai 1887. A 12 ans, il part avec ses parents s’installer en métropole. Après de brillantes études de droit, il fréquente les milieux littéraires et fait la rencontre des auteurs Jacques Rivière et André Gide, qui l’encouragent à publier son premier recueil de poèmes, Eloges, en 1911. Malgré le grand succès que rencontre son ouvrage, Alexis Leger choisit en 1914 d’embrasser la carrière diplomatique. En 1924, il publie Anabase, sa première œuvre sous le pseudonyme de Saint-John Perse. Successivement diplomate, directeur de cabinet diplomatique d’Aristide Briand, ambassadeur, secrétaire général du ministère des affaires étrangères, l’auteur s’exile aux Etats-Unis, en 1940, et sera déchu de la nationalité française par le régime de Vichy.  Il se fait alors embaucher à la Bibliothèque du Congrès, à Washington. 

A la Libération, en 1944, il retrouve la nationalité française mais refuse la proposition faite par De Gaulle de se rallier à sa cause, en tant que numéro 2 du ministère des affaires étrangères. Saint-John Perse reproche notamment au Général sa « démarche politique ». En 1960, il publie Chronique, un recueil de courts poèmes et obtient le Prix Nobel de littérature.

 

En 1975, après avoir publié deux dernières œuvres, Nocturne et Sécheresse, le poète s’est éteint à Giens, dans le Var, où il repose désormais.

 

 

Musée Saint-John Perse

9, rue Nozières, Pointe-à-Pitre

Ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 17h, et le samedi, de 8h30 à 12h30

Renseignements : 0590 90 01 92 • 0590 89 09 01

 

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