Maisons en bois, l’essence de la nature

Maisons en bois, l’essence de la nature

Publié le 3 juillet 2009, par Anne de Tarragon

Le thème de l’environnement et des énergies renouvelables est de plus en plus présent dans l’actualité. Pas étonnant que, dans ce contexte particulier, le bois et sa version ultime, la maison en bois, aient le vent en poupe. Matériau proche de la nature, rapide à construire et écologique, bioclimatique, d’entretien facile, le bois a tout pour plaire.

Le bois pour ses qualités techniques et sa rapidité de montage n’a pas d’équivalent parmi les matériaux de construction. On dénombre quatre grands types de construction : la maison à ossature bois (méthode la moins coûteuse qui consiste à assembler des membrures en bois), la maison en bois massif empilé (qui utilise madriers, troncs ou rondins en longues sections), la maison à structure poteau/poutre, des bois de forte section espacés d’un ou plusieurs mètres. 

Une technique souvent utilisée en association avec l’ossature bois : elle permet de bénéficier des avantages thermiques et acoustiques de l’ossature bois et des grands volumes et larges ouvertures du « poteau-poutre » ; et enfin la maison en panneaux de bois massifs lamellés-collés. La maison en bois est montée en trois mois en moyenne (un an pour une maison traditionnelle).

 

Naturellement bioclimatique, offrant une bonne ventilation, le bois a des propriétés d’isolation thermique notables qui rendent caduque la climatisation. Le bois est en effet 15 fois plus isolant que le béton. Le bois présente également une bonne résistance au feu. Il s’adapte à tous les sites difficiles ; il est également réputé pour être un bon matériau parasismique, qui vieillit plutôt bien, même à proximité des rivages salins. Autant d’arguments qui font de la maison de bois, la maison créole par excellence… 

 

Certes la construction d’une maison en bois implique un budget plus important de 15% environ mais entre les économies d’énergie et un moindre coût d’entretien, l’équilibre se trouve sur le long terme. D’autant que, comme la pierre, le bois est réputé être un matériau durable. 

 

Quels bois choisir ?

Pour la construction « ossature bois », on utilise couramment le pin ou le chêne européen. Pour les panneaux bois, les standards recommandés sont l’OSB 4 (Strand Board, ou panneau à lamelles minces orientées), les panneaux contrecollés constitués à partir de planches d'épicéa. La certification PEFC du bois est à exiger absolument de l’entreprise qui réalisera la maison, mais aussi du fournisseur bois. Sous nos latitudes, le bois exotique venu du Brésil est souvent privilégié pour sa dureté, sa résistance et sa protection naturelle contre maladies et insectes. Au-delà du choix des essences, les nouvelles technologies permettent aux professionnels de travailler des bois lamellé-collé, contre-collé, lamibois, bois lamellisé, poutre en I, bois massif reconstitués, panneaux sandwichs, bois composites… 

 

Mieux connaître la charpente

Si la solidité d’une maison en bois repose sur son ancrage dans une dalle de béton, notamment en zone cyclonique, elle dépend aussi de sa charpente, pièce maîtresse de l’édifice. Il existe deux types de charpente, la charpente traditionnelle, en bois apparent, et la charpente industrielle, préfabriquée dans des bois de faible section. La précision des assemblages est déterminante dans la solidité globale de l’édifice. Les coupes bois pour les charpentes traditionnelles sont faites sur des machines à commande numérique, pour une préfabrication en atelier, selon les plans fournis : un procédé qui permet une précision optimale des assemblages. La charpente bois traditionnelle est un élément apparent qui à ce titre impose une qualité particulière des bois (norme PEFC). Pour utiliser les combles, il sera nécessaire de prévoir une élévation de la hauteur des murs pour les toits à faible pente ou prévoir des chiens assis. Face à la charpente traditionnelle, la charpente industrielle s’adresse à des projets de construction de plus en plus demandés sur le marché du logement. Plus économique que la charpente traditionnelle, elle est conçue et fabriquée selon des dimensions standard. L’inconvénient majeur de la charpente industrielle, par ailleurs avantageuse sur le rapport résistance/légèreté et sur le coût, tient à l’impossibilité d’aménager les combles…

 

Les menuiseries extérieures et intérieures

Ses qualités esthétiques, durables et d’entretien facile font du bois utilisé en menuiserie intérieure comme extérieure, un choix gagnant, axé sur la modularité et le naturel. Bien choisir ses menuiseries intérieures, impose de tenir compte du mobilier, mais aussi des revêtements de murs et de sols, qu’il s’agisse de parquet, de carrelages, de lambris, de papier, de peinture… 

 

Pour les montants et traverses, on utilise du bois massif, ou du lamellé-collé. Pour les panneaux, du bois massif encore ou de l’aggloméré postformé ; enfin pour les huisseries, du bois massif encore, ou MDF hydrofuge revêtu. Bien souvent, le choix de l'essence dicte le style de la porte comme de ses accessoires (poignées, blocs portes, serrures..). 

 

Le bois l’emporte encore dans la réalisation des placards, auxquels on demande fonctionnalité, volume et esthétique. Le style du placard, son matériau et son esthétique doivent se marier à ceux des portes intérieures. Rampes et balustrades font aussi appel au bois pour sa fantaisie et son efficacité qui s’expriment dans des balustres simples à fuseaux ou bien moulurées, cannelées, tournées…

 

Utilisé en menuiserie extérieure, le bois offre des performances accrues. Résistant aux intempéries (les traitements en usine et les lasures spécifiques permettent d’obtenir des bois beaucoup plus résistants), isolant, sécurisant contre le vol, à la fois esthétique et décoratif, lasuré ou peint, neuf ou en rénovation, il convient à toutes les architectures et à toutes les constructions. Le chêne reconnu pour sa durabilité est l’essence de prédilection, comme les résineux, au coût nettement moindre et qu’une peinture ou une lasure protégeront efficacement pendant longtemps. Les bois tropicaux, tels que moabi, movingui… ont l’avantage d’un rapport qualité prix concurrentiel et d’une solidité hors pair compte-tenu de leur dureté naturelle. Pour parier sur une ventilation naturelle et oublier la climatisation, les brise-soleil, stores et volets en bois, jalousies, persiennes sont des alliés de premier choix, sans oublier leur indéniable atout esthétique, leur maniabilité et leur modularité. Atout bois encore pour les pergolas, auvents et carbets qui apportent aux abords de la maison ou en terrasse une ombre bien propre à tempérer l’ardeur du soleil. 

 

Le bois au sol : les parquets

Il existe deux types de parquets : Les lames de parquets en bois massif, et les lames et panneaux contrecollés moins épais. Les premières sont très appréciées pour leur solidité et leur beauté. Leur pose nécessite toutefois un savoir-faire plus important que celle des lames et panneaux contrecollés plébiscités par les bricoleurs justement pour leur facilité de pose quels que soient les supports existants. Le parquet est typiquement un investissement puisque sa durée de vie peut aller jusqu’à 60 ans en fonction de sa qualité initiale. Il se répare facilement : si une lame est endommagée, il suffit de la remplacer. Un autre coup de jeune : le ponçage ! 

 

Pour choisir son parquet, il faut savoir à quelle pièce et quel usage il est destiné. En fonction du « trafic » prévu dans la pièce, il faut tabler sur une essence plus ou moins dure, et donc solide. Le parquet donne aux pièces un aspect accueillant et cosy, il a le mérite d’assainir les pièces grâce à son essence anallergique, il est d’un entretien aisé avec aspirateur, balai ou linge humide s’il a été ciré ou vitrifié. Il offre une variété de teintes, claire (érable ou hêtre), rouge (moabi, merisier), marron (châtaignier, teck), jaune (iroko, bambou), foncé (wengé, ipé). Mais aussi une variété de veinures, de dimensions, de largeurs de lames, de motifs et de plaisirs esthétiques. 

 

Quel entretien prévoir ?

La construction en bois, réalisée dans les règles de l’art, avec des bois certifiés nécessitera un entretien assez basique. A l’extérieur, plusieurs options sont possibles : le bois naturel prend sous l’effet du soleil et des intempéries, une teinte pouvant varier du noir au gris selon les essences utilisées. Une décoloration qui peut inquiéter mais n’est pas signe d’une altération de la nature saine du bois. Une façade en bois brut ne demandera aucun entretien. 

 

Le bois peut également être peint ou lasuré, dans ce cas, l’entretien se fera tous les 5 à 10 ans. La garantie d’une tranquillité absolue repose sur quelques principes et règles simples de mises en œuvre et d’entretien. D’abord, l’utilisation de bois bien sec lors de la construction, une mise en œuvre de qualité, l’utilisation de traitements efficaces et certifiés de lutte contre les xylophages ou le choix d’essences spécifiques comme le chêne, le châtaignier ou le mélèze qui ne nécessitent aucun traitement. Les termites peuvent être éradiquées par un traitement préalable du sol. Une façade bien étudiée et réalisée dans les règles ne sera pas attaquée par les eaux de ruissellement et évitera la pénétration de l’humidité dans la structure. 

 

La structure porteuse d'une maison ne demande pas plus d’entretien. Ainsi le peu d’entretien futur dépend largement d’une bonne vigilance lors de la mise en œuvre.


 

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