Publié le 29 avril 2009, par Arnaud Longepierre
Maisons à ossature bois, bardages, poutres, deck de piscine, pergolas, charpente, parquets, tables, menuiseries, clôtures, objets décoratifs…Le bois a réinvesti nos cadres de vie pour devenir indispensable à tel point qu’il est difficile d’imaginer aujourd’hui une maison sans un parquet en bois dans une chambre ou un mur décoré de lambris.
Dans une maison, on choisit une essence de bois pour ses qualités techniques mais aussi en fonction d’autres critères aussi variés que le coût, la couleur ou l’utilisation en extérieur ou à l’intérieur. Ainsi pour une charpente et pour tous les éléments d’ossature et de structure du pin sylvestre classe 4 est conseillé. Ce même pin, utilisé pour l’habillage d’une maison, sera peint ou recouvert d’une lasure. Le bois exotique est davantage réservé à l’agencement : parquet, plan de travail, cuisine, salle de bain.
On différencie généralement les bois tendres des bois durs. Les conifères et les arbres résineux ont généralement un bois tendre possédant une densité assez faible. Les bois des arbres feuillus, que l’on retrouve dans les régions tropicales mais aussi en Europe, sont souvent des bois durs. Cette dureté du bois est mesurée sur l’échelle de Brinell qui classe les essences de la plus tendre à la plus dure. Ainsi, les sapins ont un indice de 1,5 alors que le teck possède un indice de 2,8, le chêne de France un indice de 3,7 et l’olivier un indice de 5,9. Attention, on mesure ici la dureté du bois et non sa qualité. Le pin sylvestre est un produit à la qualité reconnue et c’est pourtant un bois tendre.
Pour les charpentes, le pin est largement utilisé alors que l’on préférera l’ipé pour les terrasses et l’iroko pour les poteaux apparents. En extérieur, pour un deck par exemple, on peut utiliser du pin sylvestre ou du bois dur. C’est le client qui fait son choix en fonction de son coût, de critères esthétiques et des contraintes. Choisir un bois exotique, c’est accepter de payer plus cher un produit qui demandera moins d’entretien dans le temps.
Le bois dur est idéal en menuiserie et en finition, car son aspect visuel est plus noble avec un beau rendu. Ces bois sont recommandés dans des endroits où ils peuvent êtres touchés et contemplés chaque jour. Quel plaisir de marcher pieds nus sur un beau parquet en bois massif ! Ces bois expriment toute leur noblesse dans de nombreux styles d’intérieur, mais il ne faut pas en abuser sous peine de transformer sa maison en chalet ! L’intérêt du bois est de pouvoir se marier avec d’autres matériaux et couleurs, ce qui accentue le relief et les volumes des pièces de la maison.
Le bambou apparaît comme un effet de mode venant de métropole car à la Réunion il est difficile d’en trouver en construction. On trouve bien du parquet flottant ou des poutres en bambou, mais c’est encore rare. Pourtant ce matériau offre un bel aspect qui correspond bien à l’inspiration « zen » actuellement très à la mode. C’est aussi un produit nouveau, mal connu, qui n’offre pas le recul nécessaire au niveau de sa tenue dans le temps et les constructeurs ne veulent pas prendre de risque en l’utilisant (problèmes de garantie décennale).
Les bois de la Réunion sont peu utilisés, on les trouve toutefois en décoration, en bardage intérieur pour le cryptomeria et en menuiserie pour le tamarin (fauteuils créoles). Le bois rouge du natte est désormais introuvable dans l’île, on utilise aujourd’hui le niové africain (une essence cousine du bois de natte). On trouve souvent le bois local comme un simple rappel de la culture réunionnaise.
Il est possible de laisser au bois son aspect brut. Alors qu’un bois bien lisse est nécessaire pour un parquet, on peut envisager de poser aux murs un lambris brossé, légèrement raboté et poncé, ce qui donne un aspect plus rustique. En métropole, on trouve beaucoup de bois bruts en bardage, mais cette tendance est peu développée à la Réunion. L’avantage de ce bois brut est que l’on voit moins les défauts du bois et l’accroche de la peinture est meilleure.
Au niveau des couleurs, l’idéal est d’appliquer une lasure qui ne s’écaille pas dans le temps et résiste à l’humidité tout en laissant respirer le bois. Une bonne lasure peut durer plus de 10 ans sans aucun problème. Il suffit juste d’un coup de jet d’eau et d’un brossage pour raviver les couleurs. Bien entendu il faut choisir un produit de qualité appliqué par un professionnel pour s’assurer de sa longévité.
Ce type de matériau est en plein développement. Il est composé de 70% de sciure de bois séchés de 28% de polypropylène (issus des bouteilles en plastique recyclées) et de 2% de liant. C’est donc un produit écologique idéal pour les terrasses et qui commence a être utilisé en bardage. C’est le produit adapté aux personnes qui désirent du bois sans les contraintes liées à ce matériau : Pas d’entretien, pas de lasure à passer, pas de ponçage. C’est un produit fini qui ne bouge pas dans le temps. Les collectivités utilisent déjà ce matériau dans les équipements publics puisqu’il est résistant, antidérapant et ne nécessite pas d’entretien. Ce bois composite possède également l’énorme avantage de résister sans aucun traitement aux termites, aux champignons et aux insectes xylophages. Le bois composite se présente en lames de 22 mm d’épaisseur
145 mm de large et 4 m de long, avec un profil strié et un profil rainuré. Il existe d’autres produits similaires composés de bois et de PVC. Les teintes les plus courantes sont le beige, le chocolat et le gris clair.
C’est un produit récent donc assez onéreux puisque qu’une terrasse en bois composite va coûter le double qu’une terrasse en pin. Avec du bois composite on arrive à peu prés au même tarif que les bois exotiques. Mais c’est un produit dans la tendance du développement durable puisque issu du recyclage et son prix devrait rapidement baisser si la demande augmente.
La clientèle est de plus en plus séduite par du bois vieilli d’un aspect gris cendre légèrement blanchi, vieux bois, car l’aspect « neuf » du bois peut déplaire. Le bois est scié, séché et raboté puis traité, pour ensuite être pigmenté en profondeur par immersion.
La tendance va également vers les teintes de bois qui sortent des couleurs classiques blanches, jaunes ou bleues. On trouve des bois teintés dans la masse qui ont l’avantage de ne pas s’écailler et de ne pas ternir au bout de quelques années. Le bois est raboté, séché puis traité, pour ensuite être pigmenté en profondeur par immersion. On trouve ainsi des bois aux belles nuances rouges ou noires.
Une maison en bois offre de nombreux avantages par rapport à une maison en béton. Le bois est un matériau naturel et isolant où il fait bon vivre. On ressent une certaine sérénité dans une maison en bois, des ondes positives, que l’on ne retrouve pas dans du métal ou du béton. Ce bien être doit se mériter et une telle maison demande, il est vrai, un entretien régulier. Le bois se prête aussi bien aux architectures classiques que plus contemporaines et il donne de la valeur à une habitation. Il permet aussi de construire sur des terrains très en pente et difficiles d’accès. Un autre avantage non négligeable d’une maison en bois est que ses murs sont moins épais que des murs en parpaing d’où un gain de surface de 7% (pour une maison de 120m2 on peut gagner 8m2 du surface supplémentaire!).
Le bois peut être considéré comme un produit écologique à la seule condition que son exploitation ne détruise pas les écosystèmes des forêts mondiales. À ce titre Il faut différencier le bois provenant des forêts européennes ou Nord américaines et le bois provenant d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique. Les bois européens sont issus de forêts écocertifiées gérées dans le cadre du développement durable et leur exploitation respecte l’équilibre écologique en garantissant à la forêt un renouvellement efficace à long terme. Ainsi, utiliser des essences européennes, c’est même contribuer au renouvellement de la forêt. Il est plus difficile d’établir la provenance des bois tropicaux et si ces derniers ont été illégalement exploités (en violation des traités internationaux). Cependant une prise de conscience mondiale de la surexploitation des forêts tropicales permet d’espérer une régulation de ces marchés.
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