Choisir son escalier

Choisir son escalier

Publié le 7 avril 2009, par Arnaud Longepierre

Ce meuble aérien habille souvent la pièce principale d’une maison et participe grandement à la décoration intérieure. Grâce à des formes et des matériaux variés, les professionnels sauront vous conseiller l’escalier le mieux adapté à vos goûts et à votre habitation. Un choix important puisque ce meuble restera à vie dans la maison de vos rêves !

Le coût élevé et la topographie des terrains à la Réunion ont changé les habitudes en matière de construction. Alors que la case traditionnelle était de plain-pied, on construit désormais plus de maisons à étage. Et qui dit étage dit escalier ! 

 

Des formes de tous styles

Toutes les formes sont envisageables pour peu qu’elles s’adaptent à la construction. Escalier droit, un quart tournant, deux quarts tournants, hélicoïdal (ou cir­culaire), elliptique (qui suit la forme d’un mur) ou même en forme de S, tout est possible. Le choix des garde-corps, avec balustre vertical ou horizontal, est lui aussi très varié. Pour les escaliers à ossature bois, la plus grosse demande réside dans les formes simples, c’est-à-dire droites ou avec un ou deux quarts tournants. Les formes hélicoïdales sont d’avantage demandées pour les structures en acier. On retrouve le métal dans des intérieurs d’inspiration plus moderne et design. Pour cette forme circulaire, il faut un minimum de 1,60 m au sol, à ce titre, cela ne repré­sente pas forcément un gain de place puisque sous une forme droite on peut toujours envisager de placer un meuble, des rangements, une bibliothèque, une plante ou un éclairage mettant en valeur l’escalier. Il est même possible d’aménager des placards sur mesure sous l’escalier, mais cela retire beaucoup de cachet au meuble. Pour cette même raison, un escalier sans contremarches (partie pleine entre deux marches) sera beaucoup plus lumineux et aérien. Avec des contre­marches, on se retrouve avec un escalier assez lourd devant soi. La tendance est de rechercher des formes plus épurées donc sans contremarches.

 

Matières et couleurs

De nombreux matériaux sont utilisables pour concevoir un escalier comme le bois, l’acier, le verre ou le béton. Le bois est majoritairement utilisé pour les marches, pour son aspect incomparable mais aussi pour sa durée dans le temps. Et puis quel plaisir de gravir pieds nus un escalier dont les marches sont en bois ! On utilise des essences européennes comme le hêtre et le chêne mais aussi des essences africaines comme le movingui, le kotibe ou l’iroko. Le pin traité est parfois utilisé en escalier extérieur, mais il n'est pas conseillé pour une utilisation intérieure car il possède de nombreux nœuds, ce qui entraîne une difficulté de fabrication et des risques d’échardes.

Certains fabricants proposent des marches, poteaux et mains courantes uniquement en bois, mais il est possible d’intégrer à un escalier en bois des garde-corps en inox ou en tubes laqués. En fait, un artisan métallier proposera des escaliers dont la structure principale sera en métal alors qu’un menuisier proposera une structure principale en bois. Rien n’empêche un métallier de travailler en collaboration avec un menuisier pour construire un escalier mêlant différents matériaux. L’escalier en béton, avec son côté massif, est peu utilisé en intérieur tandis qu’un escalier possédant des marches en verre, quoique visuellement intéressant, est rare et demandera, au niveau local, un surcoût et des délais supplémentaires. Dans la conception de ce meuble, on recherche la légèreté, tant au niveau du poids  qu’au niveau esthétique. La tendance est aux lignes épurées et aériennes laissant passer la lumière. Dans le même état d’esprit, on a ten­dance à réduire le nombre de balustres (entre 20 et 25) et leur épaisseur.

 

Un meuble central de la maison

L’escalier doit être considéré comme un meuble dont les lignes sont en parfaite harmonie avec la décoration intérieure. À ce titre, il doit posséder le même degré de finition (ponçage, vernis, pas de soudures apparentes pour le métal, peinture) qu’un meuble classique. Il doit associer l’esthétique et le confort d’utilisation. Il occupe une place centrale dans l’habitation et c’est souvent le premier meuble que l’on découvre. Généralement, les architectes im­plantent d’office cet élément vital de la maison dans le séjour. L’idée est d’associer le côté utile de l’escalier tout en occupant le moins de place possible avec un meuble toutefois très présent dans la pièce. Alors que dans les années 80-90 des escaliers massifs s’associaient à un ameublement rustique, à notre époque, la décoration se veut plus épurée. En conséquence, l’escalier léger et aérien, s’adapte à ce goût du public pour les lignes pures et contemporaines.

 

Associer qualité et solidité

Chez un professionnel, un escalier peut coûter en moyenne 5000 Euro. Un tarif raisonnable pour ce meuble fabriqué sur mesure dans un matériau de qualité, et demandant une certaine technicité. Il ne faut pas oublier que l’escalier est un meuble qui doit supporter de nombreux passages tout au long de la vie de la maison. Une bonne qualité et une robustesse sont donc nécessaires. Avec un tarif trop bas, on prend le risque de négliger la qualité et la sécurité. Les escaliers dits industriels (prêt-à-monter) n’offrent pas toujours les mêmes garanties dans le temps. Ce ne sont pas des produits sur mesure et il faut donc les adapter à la maison en jouant parfois sur la hauteur inégale des marches et la distance entre balustres. L’achat d’un escalier en kit implique un travail d’adaptation qui peut s’avérer problé­matique si la pose et la finition ne sont pas confiées à des professionnels. Ramenez le prix de l’escalier par rapport à la durée de vie de la maison, vous constaterez qu’il faut parfois mieux consentir un effort financier sup­plémentaire afin de posséder un meuble associant solidité et esthétisme.

 

Un escalier aux normes

Il existe des normes CE (normes européennes) à respecter en matière d’escalier qui attestent de leur résistance à une charge donnée. La garantie décennale s’applique également et le fabricant doit fournir un cahier des charges qui certifie ces points. Il doit aussi fournir un livret avec la fiche technique qui décrit l’escalier (hauteur à monter, hauteur des marches, largeurs, matériaux utilisés) ainsi que quelques conseils d’utilisation et d’entretien. Au niveau de la sécurité, il existe des normes à respecter : la distance entre deux balustres (élément de remplissage du garde-corps) ne doit pas excéder 11 cm (afin d’éviter le passage d’une tête d’enfant) et la hauteur du garde-corps (partie horizontale constituée par la main courante et les balustres) doit mesurer 90 cm au minimum par rapport à l’aplomb du nez. Le garde-corps de niveau doit mesurer un mètre de hauteur au minimum. Pour les marches, la hauteur correcte se situe entre 17 et 18 cm et la profondeur entre 25 et 28 cm. Difficile de tomber sur une hauteur de marches précise puisque cela dépend de la hauteur de l’étage. Par exemple, avec une hauteur de plafond standard de 2m70, divisé par 15 hauteurs, l’escalier possédera des marches d’une hauteur de 18 cm. En largeur, tout comme les couloirs, un escalier doit au moins mesurer 80 cm.À l’étage, Il faut qu’un garde-corps à habillage horizontal soit plein au moins à 45 cm du sol, pour qu’un enfant ne puisse s’en servir d’échelle ou bien passer en dessous. Dans ce cas, le verre possède l’avantage d’assurer la sécurité et la transparence. L’autre solution étant de réaliser le garde-corps avec des balustres verticaux. 

 

Des conseils de professionnels

Adressez-vous à un professionnel reconnu car un escalier mal conçu ou mal posé peut s’avérer dangereux et peu agréable à utiliser. Pour avoir voulu économiser sur l’achat ou pour la pose, certains propriétaires de maison achètent des escaliers qui grincent, qui sont dangereux à l’utilisation voir instables au bout de quelques années. La plus grosse erreur à commettre est de prévoir un emplacement trop restreint pour l’escalier. Réduire de manière excessive cet emplacement c’est  augmenter l’inconfort d’utilisation comme les risques de chute ou la difficulté pour monter des charges lourdes à l’étage. En outre, un escalier inconfortable sera de plus en plus difficile à utiliser par un propriétaire devenant âgé. Il faut parfois mieux perdre 1m2 au sol pour augmenter le confort d’utilisation tout en sachant que l’espace sous un escalier peut être réaménagé. On constate souvent des problèmes d’échappées dans le plan des maisons, c’est-à-dire qu’une fois en haut des marches, on risque de s’assommer avec le plafond. Enfin, pour un bon confort d’utilisation, il faut éviter de dépasser 19 cm de hauteur de marche et s’assurer que le giron (distance horizontale prise de nez de marche à nez de marche) est correct. Afin d’éviter ces désagréments n’achetez pas un escalier au rabais ! Tentez d’inclure l’investissement de l’escalier dans le prêt de la maison, la mensualité du remboursement ne bougera que très peu et vous posséderez un meuble beau, pratique et sécurisant, durant toute la vie de votre maison.

 

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