Des lumières dans la nuit

Des lumières dans la nuit

Publié le 16 octobre 2008, par Corinne Daunar

Au-delà des eaux, sur l’autre rive, la Toussaint revient avec le froid et met l’hiver en train. Tandis qu’à des milliers de kilomètres, dans la douceur des alizés, le 2 novembre marque l’un des jours les plus attendus du calendrier. Car aux Antilles à la différence de la plupart des départements français, la fête des Morts est célébrée dans un grand chant de joie…

Tout commence quelques jours avant date. Marie s’en va à l’aube en direction du cimetière, son gros cabas gonflé de chiffons et de brosses à récurer. À peine arrivée face au caveau familial, elle se met à l’ouvrage. Ainsi agenouillée, elle essuie, astique, arrache quelques herbes folles. D’un geste tendre, elle fait reluire et sourit avec tendresse aux portraits émaillés alignés en rangs serrés derrière les grilles de fer forgé. Une tombe entretenue est le signe que l'on s'occupe de ses morts…

 

Elle se relève, puis considère avec satisfaction ce tombeau comme il faut, choisi bien avant elle par feu José, dit Ti Jo décédé dans sa quatre-vingtième dix année. Elle se souvient qu’à force de tontines (mutuelle locale), le grand-père s’était payé un enterrement de première classe, une sorte de revanche sur la vie, soulignait-il. Il avait investi dans l’éternel et entendait réunir en ce lieu la famille tout entière, un rendez-vous fixé le 2 novembre de chaque année…

 

La Toussaint mise en lumière

Attendu qu’il ne s’agit pas de confondre la date du 1er novembre qui honore les saints du panthéon catholique, avec celle de nos chers disparus ! Cette dernière est commémorée le 2 novembre par la diaspora chrétienne. D’origine païenne, cette célébration nous vient d’une coutume celte, la Samain (début de la saison sombre) fixée aux 31 octobre et 1er novembre du calendrier julien… Elle était le jour où le Dieu du trépas informait les morts de l'année de leur nouvelle destination ou « réincarnation ». La fête avait donc une dimension culturelle et religieuse.

 

Ce culte, oblitéré par l'arrivée des rites druidiques, est progressivement réha­bilité par l'Église catholique romaine puis s’universalise enfin.

Les peuples séparés par les océans, les montagnes et les siècles, purifient chaque année les âmes des morts de leurs péchés afin de leur permettre le repos éternel.

 

Yé krik, yé krak !

Mais assez parlé la cour dort ! Voici sonné le jour des Morts !

 

Le jour de la Toussaint arrivé, Marie cueille dans son armoire son plus joli chapeau. Ainsi «gammée», elle se réjouit déjà de sa soirée. On allait se retrouver, bavarder, rire et chanter, prier, veiller… cette fois encore la mort serait le point fort de la vie. Elle s’empare d’un sac alourdi par le poids des bougies. Tout à l’heure, avec la grâce de Dieu, elle illuminera la nuit. Et, au fur et à mesure que l’horizon s’empourpre, les abords du cimetière s’animent dans un joyeux brouhaha. En essaim, les marchandes de pistaches déploient bruyamment leurs étals. C’est à elles que revient d’assurer le boire et le manger ce soir. Une sorte de frénésie commence à gagner l’endroit qui s’emplit peu à peu de monde, de paroles, d'éclats de rire. Souvent les familles se retrouvent, échangent leurs nouvelles, discutent dans les rues pavées aux noms sacrés de Saint-Pierre, Thomas ou Saint-Aimé. 

Les chandelles et lumignons  trans­forment les caveaux en vision féeriques et des millions de petites flammes vacillent dans la lueur crépusculaire. Ainsi, le cimetière se prépare pour l’une des nuits les plus longues de l’année. Les âmes des morts se mêlent à celle des vivants. Et déjà les enfants jouent à cache-cache, courent entre les sépultures et sautent par dessus les tombes.

La guerre des cacas bougies est déclarée, chacun, munis de boulettes de parafine tire à vue sur les anciens, tandis que les plus âgés « zaillent » la fille de leur plus proche voisin. Tard dans la soirée, Marie reprend le chemin de la maison, heureuse d’avoir sorti pour une fois encore toutes ces âmes de l’oubli, et s’accorde à penser qu’après tout, il n’est rien de plus doux que de se sentir en vie.

 

Quand les couleurs sont de mèche

Si les bougies sont les lumières de la nuit en ces fêtes de Toussaint, elles sont aussi, au quotidien, d’excellents outils.

Pour attirer vers vous amitié, sagesse et harmonie, n’hésitez pas à utiliser une bougie bleu ciel. Si elle est foncée, son feu atténuera les situations néfastes ou les affaires judiciaires mal engagées. Pour allumer une flamme, choisis­sez du rouge vif, symbole de passion, de domination, de force et de vitalité. La verte, quant à elle apportera patience et chance ou, plus clair, le travail, le commerce et les échanges… 

 

Celle marron assure les biens matériels et la propriété. Si vous fondez de tendresse pour quel­qu’un, saisis­sez-vous d’une bougie rose pâle, gage d’un amour harmo­nieux, tandis que d’un ton au dessus, elle aide à résoudre les problèmes de coeur ou à consolider les liens affectifs. L’ivoire ouvre l’esprit et le blanc le plus pur enveloppe de sincérité. Pour vous défaire d’une attaque occulte, prenez du gris, le noir étant le plus souvent brûlé pour détruire…

Le jaune  se change en or, le violet en spiritualité et le mauve en communication angélique. L’orange, lui, protège les voyageurs et l’argent renforce ainsi toute demande...

 

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