Publié le 3 juillet 2008, par Benjamin Trader
A l’heure où les habitations poussent comme des champignons, parfois dans de grands lotissements uniformisés, la toiture, partie généralement la plus visible d’une maison, est un élément essentiel qui peut permettre de se démarquer du reste du voisinage. En ce sens, en fonction du style et des matériaux utilisés, la toiture peut également révéler le caractère d’un propriétaire.
Aux Antilles, on rencontre généralement trois grands types d’architectures pour les toitures. A l’instar des pavillons de métropole, la toiture dite « classique » ou « européenne », à un ou deux pans, se caractérise par la simplicité de sa forme et ses pentes régulières. Ce style est le plus économique. Rappel à ses racines créoles, la toiture traditionnelle se démarque par un toit à quatre pans et des brisures de pente. Cette méthode lui confère un aspect architectural plus intéressant que le style européen, mais aussi un coup de réalisation plus élevé.
Troisième type de toit rencontré sous nos cieux : le style moderne ou contemporain. Dans ce cas, il s’agit de toits aux formes spécifiques (dômes ou flèches). Ce genre d’architecture est cependant plus courant dans la construction de bâtiments publics ou religieux, que dans l’habitat.
Dès lors que la forme du toit a été déterminée, il est essentiel de regarder quel type de charpente pourra venir soutenir celui-ci. Cette fois encore, le budget accordé à la construction sera l’élément déterminant du choix de la charpente. Avec son volume à niveau, la charpente à fermettes, ou industrielle, représente la solution la plus avantageuse, essentiellement par son coût. Quelques jours seulement suffisent pour la monter, mais la charpente ne sera pas apparente.
En effet, ne présentant aucun intérêt esthétique, les fermettes sont nécessairement dissimulées par un faux plafond. A l’inverse, charpentes traditionnelles et en lamellé-collé, mettent en valeur le volume de la toiture avec un certain cachet et rendent les lieux encore plus agréable à vivre. La maison peut enfin respirer du sol au plafond.
Qui pense toiture aux Antilles, pense instinctivement à la tôle ! En effet la tôle, de préférence ondulée, y est omniprésente. De toutes les couleurs, sur toutes les maisons, les cases, les écoles, les mairies, les églises, les usines… Partout ou presque.
Pour poser sur sa charpente, il existe deux modèles de tôle ondulée : la 63/100e et la 75/100e, dont la différence majeure réside dans l’épaisseur d’acier galvanisé. Pour des raisons économiques, la 63/100 est la plus utilisée pour les résidences. L’une et l’autre font bien face aux intempéries et leur entretien est identique. La tôle ondulée est de loin le matériau meilleur rapport qualité-prix. En outre, depuis plus de cinq ans, les peintures sont de plus en plus résistantes.
Plus original, la tuile en terre cuite est un matériau que l’on retrouve peu en Guadeloupe, mais qui est très ancré dans les traditions de La Martinique. L’île aux fleurs continue de produire des tuiles pour ses toits, puisqu’elle a toujours disposé sur place de la matière première, dans son gisement argileux, à Trois-Ilets.
Le toit-terrasse en béton. Souvent recouvert d’une couche d’enduit bitumineux, le toit-terrasse qui a connu son apogée durant les années 1960 et 1970 (à l’époque des « cases en dur ») est victime de sa mauvaise isolation thermique.
Les toits en bardeaux de bois, ou essentes. Ces petites tuiles en bois, taillées à la main, puis clouées une à une sur la charpente, dont l’usage se fait malheureusement de plus en plus rare aux Antilles, alors qu’il perdure en Guyane.
Ce type de toiture, notamment à cause du soleil, demande beaucoup d’entretien mais les vertus isolantes du bois offrent un véritable confort thermique à l’intérieur de la maison.
Cela n’est pas une obligation. L’intérêt d’isoler son toit est plus de freiner la chaleur extérieure qui rentre par les tôles que de garder la fraîcheur dans les pièces de la maison.
La technique la plus employée reste l’utilisation de plaques de polystyrène (4cm d’épaisseur) entre la tôle et la charpente, ainsi que par des panneaux isolants qui cachent les tôles, les liteaux et l’isolant. De nouvelles techniques font leur apparition, notamment les plaques réfléchissantes, composées d’une couche de bulles d’air emprisonnées entre deux panneaux d’aluminium, et qui seraient issues directement de la recherche spatiale américaine.
Absolument tout est permis (sauf dans le cadre du cahier des charges d’un lotissement). Chaque propriétaire est libre de choisir la couleur (ou les couleurs) qu’il souhaite pour son toit. Bleu, rouge, vert, blanc… La palette s’agrandit avec le temps. Un seul détail peut cependant avoir son importance : les couleurs foncées conservent davantage la chaleur que les couleurs claires. Alors si votre maison n’est pas bien isolée ou climatisée, évitez peut-être le bleu foncé !
Une toiture doit être contrôlée et entretenue au moins une fois par an avant la saison cyclonique pour les régions concernées et par une entreprise spécialisée et qualifiée. Un contrat d'entretien assure une véritable prise de responsabilité de la part de l'entreprise et dégage celle du propriétaire vis-à-vis de l'entreprise qui a réalisé la toiture. En cas de désordres relevant de sa garantie décennale et pendant la durée de cette dernière l’entreprise est engagée. L'entretien consiste à remettre en place les éléments décollés, ou déplacés, reprendre ou changer tous les éléments dégradés ou cassés, rincer la toiture à l’eau claire, éliminer les détritus dans les gouttières, nettoyer les entrées d'air pour la ventilation…
Peut-être est-ce seulement un tire-fond à resserrer et vous vous sentez l’âme d’un bricoleur. Faites tout de même attention car les toits sont parfois très glissants ou très chauds. Un accident est vite arrivé. Si vous n’êtes pas sûr, faîtes appel à un professionnel.
Elle est envisagée dès lors que le vieillissement apparent et la fréquence des fuites s'accentuent. Les entreprises intervenant dans cette spécialité sont relativement peu nombreuses (par rapport à d'autres spécialités du bâtiment) et en général compétentes. De plus, sous réserve de ne pas avoir à refaire la charpente, la réfection d'une toiture est une intervention bien définie, et de la compétence d'une seule entreprise. Une réfection totale de couverture est assortie de la garantie légale décennale et donne obligatoirement lieu à souscription de la part du maître d'ouvrage d'une police "dommages-ouvrage". Qu’on se le dise.
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