Champagne et que la fête commence

Champagne et que la fête commence

Publié le 31 décembre 2008, par Pierre Bonfils

En ce mois de décembre tourné vers les réveillons il est indispensable de prévoir les menus des jours de fête. La grande question demeure l’accompagnement des plats, l’association mets et vins n’étant pas toujours simple entre la cuisine traditionnelle et celle dite gastronomique. Pour les indécis comme pour les connaisseurs un choix s’impose celui du champagne.

Pas de fête sans champagne pourrait être le let motif tant il est vrai que la simple évocation de ce nom est synonyme de classe, de légèreté et de convivialité. Les plus inconditionnels allant même jusqu’à affirmer qu’une fête sans champagne n’est pas une fête. Compagnon indispensable des agapes et événements  de fin d’année le « roi des vins » possède de merveilleux atouts, ne lui prête-on pas de plus le pouvoir de rendre les femmes encore plus belles.

Mais attention sous l’appellation champagne peuvent se faire jour quelques surprises, le meilleur côtoyant  parfois le pire. Donc prudence, mais que vous soyez juste deux ou une dizaine pour les réveillons montrez-vous téméraires et n’hésitez pas à aller plus loin que l’apéritif. Vous étonnerez peut-être vos invités mais pourquoi ne pas oser le champagne pendant tout le repas.

 

Un peu d’histoire

Très apprécié en France, le champagne fut introduit en Angleterre en 1661 par le marquis de Saint-Evremond. Depuis, le meilleur client a toujours été la Grande-Bretagne, même si nos départements d’outremer tiennent une place remarquée en termes de consommation. Vin tranquille jusqu'à la fin du XVIIème, ce n’est qu’au début du siècle suivant que les bulles apparurent, 10% des vins du champagne alors produits étant alors pétillant. Ce n'est seulement qu'à la fin du XIXème siècle que le marché va véritablement exploser.

 

Trois cépages se partagent le vignoble champenois : le pinot noir, le chardonnay et le pinot meunier. N'ont droit à l'appellation "champagne" que les vins produits dans le périmètre délimité de la Champagne avec des raisins issus uniquement de cette région. 

 

La légende attribue au moine bénédictin Dom Pérignon le principe des vins mousseux, mis au point à la fin du XVIIème siècle. En fait, il s'agit de provoquer une fermentation secondaire dans une bouteille fermée en ajoutant de la liqueur de sous-tirage (vin vieux + sucre) au vin de base. Le sucre se décompose en donnant du gaz carbonique qui reste prisonnier dans le vin car il n'a pas d'air pour s'échapper. Cette méthode délicate inclue aussi l'opération du remuage des bouteilles qui amène le dépôt vers le col puis celle du dégorgement, qui vise à éliminer le dépôt formé près du bouchon. Celui-ci est expulsé à basse température.


 

Champagne et … champagne

Différents vins de champagne existent, le Blanc de Blanc, produit uniquement avec du Chardonnay ; le Blanc de Noirs issu du seul Pinot Noir ; le Rosé composé d’une faible quantité de vin rouge ajoutée à la cuvée avant le tirage ; le Millésimé qui ne concerne que les très grandes années avec un assemblage de crus différents et de millésimes différents afin de donner une qualité supérieure ; le Brut intégral, considéré comme un vin parfait et sans défaut ; le Doux, avec une liqueur ajoutée afin de masquer certains défauts et le Crémant qui est un champagne moins mousseux produit avec moins de liqueur de tirage. 

 

Ne pas se tromper de bouteille

Suivant l’instant du repas et suivant sa personnalité, chaque champagne peut avoir sa place. La recherche de l’harmonie, comme dans bien des cas, devant se situer comme le conseil de base.

Des plats légers appelleront des champagnes frais et vifs comme le Blancs de Blanc. Les plats corsés demandent davantage des champagnes puissants et charnus comme le Blanc de Noirs ou le Pinot Meunier. Pour finir les plats raffinés s’accorderont avec des champagnes millésimés voire des cuvées spéciales.

Pour savoir à quelle catégorie appartient votre champagne n’hésitez pas à interroger un producteur ou un caviste. D’une manière générale choisissez un champagne Brut, peu sucré, qui ne saturera pas les papilles afin de garder de la fraicheur jusqu’à la fin du repas. Evitez peut-être les desserts trop chargés avec le champagne, la traditionnelle bûche de Noël ne fait pas toujours bon ménage avec les bulles. Pensez alors au champagne demi-sec en partant sur des desserts raffinés à base de fruits exotiques.

 

Frappé mais pas glacé

Le champagne doit se boire "frappé" (entre 7 et 9°C), mais jamais glacé. Le plus simple pour le porter à bonne température est de le placer 1/2 heure dans un seau à champagne avec de l'eau et des glaçons. Pour le boire il faut éviter les coupes qui dispersent trop rapidement son arôme et ses bulles, et dans lesquelles le champagne se réchauffe trop vite : les flûtes lui conviennent beaucoup mieux. Enfin, dégustez-le, comme le veut la raison, avec modération : c'est ainsi que vous pourrez vraiment l'apprécier.

 

Lire une étiquette

Difficile de s'y reconnaître dans toutes les marques de champagne ! Bien sûr, il y a les grands noms… mais aussi de très nombreuses autres marques. Pour savoir qui a réellement élaboré le champagne que vous achetez, ouvrez l'œil et décriptez l'étiquette.
Outre le nom de la maison de champagne et/ou celui du vigneron producteur, le type de champagne (brut, demi-sec…) et éventuellement le millésime, vous allez découvrir des initiales très révélatrices.
NM (pour négociant-manipulateur) signe le champagne élevé et produit par les maisons de négoce, c'est-à-dire les grandes marques. RM (récoltant-manipulateur) désigne le vigneron qui vinifie exclusivement son propre raisin. On trouve aussi CM (pour coopérative de manipulation), RC (pour récoltant-coopérateur), et enfin MA (marque d'acheteur) qui figure sur le champagne commercialisé sous une marque déposée, souvent par la grande distribution.

 

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