Publié le 25 décembre 2008, par Benjamin Trader
Plutôt que de rester enfermé dans la cuisine d’un établissement gastronomique à mijoter de délicieux petits plats pour une clientèle de fins gourmets, Claude Strazel est de ceux qui préfèrent se rendre directement chez les gens pour leur préparer un bon repas. Ainsi, depuis son retour en Guadeloupe, il y a dix ans, le cuisinier porte fièrement la toque de chef à domicile. Une activité que l’intéressé estime beaucoup plus conviviale que celle de restaurateur.
Lorsque le chef débarque à la maison, il s’occupe de tout. Comme dans un restaurant. En salle ou en cuisine, Claude Strazel s’affaire pour satisfaire les désirs des gourmands qui n’ont qu’à glisser les pieds sous la table. « J’apprécie de me déplacer chez les clients, d’investir leur cuisine, affirme le chef. Ce sont de vrais moments d’échange. Souvent les maîtresses de maison m’observent. Je m’adapte aux goûts des clients. Je leur apprends quelques techniques et recettes. Et parfois, certains me soufflent ou m’inspirent des idées nouvelles.
Je suis un cuisinier ouvert aux propositions, alors que si j’étais resté dans un cursus professionnel avec une production très pointue, peut-être me serais-je contenté de proposer essentiellement mon savoir » ? Outre les dîners aux chandelles, les repas de fête et les grandes réceptions, Claude Strazel est également un chef au bureau.
En effet, certaines entreprises n’hésitent pas à faire appel au cuisinier pour nourrir leurs employés, à l’instar de la société Top Dur, basée à Jarry. Cela fait bientôt dix ans que Claude Strazel sustente le personnel de cette usine quotidiennement. « Les entreprises locales commencent à se positionner vis-à-vis de la restauration. C’est un plus qu’elles proposent à leurs collaborateurs pour que ceux-ci ne se dispersent pas trop au moment de la pause déjeuner, ainsi qu’une façon originale de recevoir leurs partenaires ou fournisseurs ».
En fonction du marché, le chef définit le menu de la semaine, mais toujours en restant dans une gamme de produits très abordables. Une cuisine simple, goûteuse. Selon les jours, direction et employés peuvent se retrouver autour de la table face à un traditionnel court-bouillon, du poulet aux champignons, un tendre pavé de saumon, une salade composée ou des grillades. « Beaucoup de collaboratrices font attention à leur ligne, je me dois bien évidemment de leur présenter un menu équilibré ».
A la maison ou au bureau, dans tous les cas le chef se décarcasse.
Issu d’une famille de restaurateurs de Basse-Terre, Claude Strazel a grandi dans la pâtisserie de son père entre les crèmes au beurre et les spatules. Pourtant, à l’âge d’envisager son futur métier, ce n’est que timidement que le jeune Claude annonça son choix de devenir cuisinier. Surtout à ses petits camarades. « A l’époque, c’était la grande vogue de l’électrotechnique. Ca faisait viril de dire qu’on allait devenir électromécanicien. Mais pas cuisinier.
Douze années en métropole
Les railleries ne m’ont pas découragé ». Dans les années 1980, Claude Strazel son bac pro et fait ses premiers pas de cuisinier en Guadeloupe, avant de s’envoler vers la métropole pendant douze années. Douze années durant lesquelles il multiplia les expériences gastronomiques. « J’ai travaillé dans des maisons étoilées, des restaurants plus modestes, dans des brasseries… J’ai fait de tout ». Jusqu’en 1998, où Claude Strazel saisit l’opportunité de revenir vivre en Guadeloupe. Après deux années passées dans les cuisines d’un établissement du Gosier, il eût envie de devenir enfin son propre chef. « Et l’idée de devenir traiteur a jailli ». Et toque !
Et pour les fêtes ?
Au quotidien, le Guadeloupéen est fortement attaché à ses racines alimentaires. Mais en cette période dite de la « trêve des confiseurs », sa demande s’oriente généralement vers des produits dits « exotiques », avec au premier rang, l’incontournable foie gras.
« Avec des confrères, nous ne savons pas pourquoi lorsqu’il s’agit de cuisine gastronomique, certaines personnes font systématiquement l’association avec des produits de l’extérieur, qui en plus coûtent très cher, alors que nous avons d’excellents produits en Guadeloupe ». Cette fin d’année, Claude Strazel l’envisage sans cèpes, ni filets mignons et autres langoustines, mais davantage dans une profusion de cochons ou de ballantines de poulet farcis, de croquettes d’ignames et de bananes panées. « Des plats que l’on ne mange pas tous les jours. Le tout soigneusement présenté. Cela vaut vraiment le coup d’insister sur nos produits en les travaillant d’une autre manière, en les valorisant ».
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