Publié le 2 décembre 2008, par Corine Tellier
Cette maison de la fin des années 40 était au départ assez modeste, de plain-pied, posée pratiquement sur la plage, au milieu d’un grand jardin tropical. À cette époque, elle servait davantage de « campement » que d’habitation permanente. Cette petite maison, située à deux pas du lagon, de construction assez basique avec très peu d’équipements accueillait les propriétaires juste le temps des vacances.
Dans le courant des années 60, pour se protéger des alizés qui soufflent pendant quatre mois de l’année, une grande varangue fermée par des nacots sur trois côtés a été rajoutée. Cette pièce supplémentaire, d’un concept tout à fait moderne doublait pratiquement la surface de la maison et s’ouvrait complètement sur le jardin et plus loin encore, vers le bleu de l’océan. Ce « campement » d’origine était devenu une charmante petite maison avec son toit de chaume et sa belle charpente apparente.
Mais en 1983, la maison disparaît dans les flammes ne laissant que des murs noircis. Les anciens propriétaires reconstruisent alors une nouvelle maison en gardant le noyau central. Ils agrandissent la partie séjour-salle à manger et rajoutent un étage.
Cette maison balnéaire, rachetée en 1996, va changer peu à peu de style. Des travaux considérables ont été engagés tout en gardant le cœur historique de la maison. Un escalier extérieur permettait d’accéder à l’étage. Les nouveaux propriétaires réalisèrent un escalier intérieur afin d’occuper efficacement ce beau volume sous charpente.
Cette dernière mouture, après les nombreuses transformations, présente aujourd’hui un caractère plus sophistiqué, plus convivial et mieux adapté aux habitudes quotidiennes des nouveaux propriétaires. Pour améliorer le confort et le côté fonctionnel de la maison, la cuisine ainsi que les pièces d’eau ont été refaites. La partie béton, quant à elle, a été posée après l’incendie. Il s’agit d’une grosse structure avec des poteaux reliés aux pignons côté Est et côté Ouest par des poutres transversales.
Dans cette villa de bord de mer, le bois exotique est omniprésent. Du bois d’iroko de couleur brun jaune à brun foncé pour le bungalow et la pergola, du teck pour les rambardes de la varangue, du bois de niove, brun jaune orangé, veiné de sombre pour le plancher de la chambre et enfin, du padouk de couleur rouge corail sur le sol de la varangue.
Aujourd’hui, une jolie maison au charme asiatique se cache dans la végétation. Cocotiers, palmiers des Mascareignes, filaos, frangipaniers, ylang-ylang, bougainvilliers, vacoas et pandanus résistent très bien à l’air salin et constituent un bouquet de verdure avec une vue plongeante sur la mer.
Les propriétaires ont privilégié les espaces intermédiaires à l’image des maisons balinaises ou thaïlandaises. Le patio, à l’ombre d’un grand arbre, avec sa jolie porte sculptée, son bouddha bienveillant, sa déesse porteuse d’eau et ses jarres vietnamiennes est en quelque sorte, la signature de la maison. Il plonge le visiteur, dès son arrivée, dans une ambiance tout à fait sereine. Ici, les espaces de vie se trouvent davantage à l’extérieur. Entre juin et septembre, quand les alizés se montrent trop envahissants du côté de la mer, les propriétaires s’installent à l’arrière, sous le pongam tree. Abrité du vent, ce lieu est idéal, pendant l’hiver austral, surtout à la tombée du jour, quand les petites lampes balinaises s’animent sous leurs chapeaux en chaume.
La grande varangue, côté lagon, trouve toute son utilité quand les alizés laissent la place à la chaleur torride des tropiques. Le canapé et les gros fauteuils en bambou, aux coussins couleur « marine » sont souvent pris d’assaut à l’heure de la sieste ou du coucher de soleil. Il faut dire que la vue sur l’océan Indien est imprenable.
À l’intérieur de la maison, nous avons rendez-vous avec l’Asie ; une apsara du Cambodge cotoît les laques birmanes, un bouddha avec sa bougie allumée, en forme de fleur de lotus, est posé sur une console en teck et cœur de coco…De beaux objets, qui donnent une ambiance « zen » à cette grande pièce à vivre.
À l’étage, sous une surface de charpente impressionnante, un lit à baldaquin, sculpté sur place et gardé par deux éléphants en laque, trône au milieu de la pièce. Au-dessus des meubles de rangements sur mesure en bois de niove, les pages aux écritures dorées d’un livre de prière Birman servent de frises. Là encore, les propriétaires ont débordé d’ingéniosité.
Le bungalow au fond du jardin, remplace la cuisine extérieure. Il offre tout le confort aux amis de passage et il est également un exemple de créativité. Ici plus qu’ailleurs, le bois est mis en avant… Le lit, les tables de chevet, la belle charpente avec sa rose des vents et son plafond en paille de riz de Bali, la salle de bain et ses portes sablées et aux poignées innovantes, les luminaires… le dessin au sol, association de ciment teinté et de bois d’iroko, reprend l’esprit des pavillons japonais.
Avec beaucoup d’imagination, de souvenirs inoubliables, d’objets décoratifs birmans, balinais, thaïlandais…et grâce aux doigts magiques des artisans, la maison du lagon prend des airs de voyages.
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